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Howdy, Nigga.

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Après tant d'attente, j'ai enfin eu l'occasion de voir Les Huit Salopards. Le résultat fut surprenant, pour ainsi dire.
Tout simplement parce que c'est le meilleur film de Quentin Tarantino à ce jour, avec Pulp Fiction, est que c'est certainement le film le plus travaillé et impressionnant de 2015. Sauf que quand on est trop occupé à regarder l'énième film de super-héros en date pour ne pas être paumé l'année d'après, ça, on ne le sait pas forcément, alors, laissez-moi vous l'expliquer. Si vous n'avez pas vu le film avant, ou ne connaissez pas l'histoire et ne vous en foutez pas, allez le voir immédiatement ou lisez la critique parallèle à celle-ci.

L'histoire est simple et efficace, le jeu d'acteur est splendide dès les premières secondes, et les personnages sont humains. Ils ont des conversations d'humains, ils se répètent, ils se connaissent, ils se reconnaissent, bref, autant dire que ça a suscité la controverse. Car certains veulent voir des dialogues improbables, où les deux interlocuteurs n'eurent aucun contact avant mais décident de se raconter leur vie entière, ou peut-être qu'ils veulent juste des métaphores insensées jusqu'à ce que le scénariste finisse par les ignorer, certains pensent que les dialogues sont vides et interminables. Mais là, on ne vous raconte pas une histoire, vous la vivez, alors il ne faut pas sur-analyser les dires des personnages, et Tarantino joue très bien sur ça, car je suis prêt à parier que ceux qui étaient trop concentrés à écouter Samuel L. Jackson savourer son brandy n'ont pas vu O.B. (joué par James Parks) s'enfiler un café empoisonné. Pas tout ne doit être complètement romancé, et Tarantino le fait bien comprendre.

Une scène assez décevante et celle prenant place avant que les quatre premiers salopards rejoignent la mercerie, avec le gang Jody Domergue. Elle n'est pas mauvaise, du tout, en vérité, mais je trouve que ça enlevait de la tension par rapport aux scènes auxquelles elle était accolée, car en plus de savoir ce qu'il va se passer, nous voyons ce que les personnages ne voient pas, ce qui enlève le suspense et le mystère, deux facettes qui font de Tarantino un réalisateur aussi bon.

Par contre, la scène finale, elle, n'a pas manquée à restaurer cette balance. Des antagonistes morts, de peu. Des protagonistes morts ? Peut-être. Nous ne savons ce qu'il se passe vraiment à la fin du film, et c'est peut-être pour le meilleur; Red Rock devra se trouver un nouveau shérif.

Pour en revenir au jeu d'acteur, Samuel L. Jackson est Samuel L. Jackson. Le nombre de répliques à la minute de ce personnage est fabuleux, et ce en portant fièrement l'étiquette de nègre, allant même jusqu'à, on y revient, inventer une histoire de viol sur ceux qui vinrent à sa poursuite durant la guerre. Ou peut-être qu'il ne l'a pas inventé, auquel cas, nous apprécierons ce qui semble se rapprocher de Délivrance, un autre film de genre. Mais même si on l'exclut du film, les autres acteurs sont tout aussi bons. Il semble juste qu'ils soient obnubilés par leurs plans et par le nègre avec lequel ils partagent le pain, ce qui est dommage, mais aussi un peu vrai. Beaucoup n'aiment pas le personnage d'Oswaldo Mobray (joué par Tim Roth,) le trouvant trop farfelu, et c'est vrai, il est farfelu, mais le problème n'est pas là, le problème est que la réaction des autres personnages vis-à-vis de ça soit neutre, car une telle personnalité, surtout en période d'après-guerre, c'est bizarre, et si on sait quelque chose sur les Américains à cette époque, ce qu'ils ne les aiment pas, les gens bizarres. Mis à part ces deux-là, il y a John Ruth, un stéréotype américain sur lequel on joue énormément: En effet, même avec son entêtement apparent, il est le plus méfiant et le plus tolérant, sûrement, du groupe. C'est bien pour ça qu'il meurt en premier, faut pas déconner. Le dernier personnage qui se démarque vraiment, c'est Daisy Domergue, qui au fil du film, finit presque par se faire aimer, avant d'arriver, en quelques minutes à peine, à se rendre complètement détestable, et ça illustre bien l'antagoniste pathétique du Western, dont la multipolarité n'a d'égale que le nombre de munitions tirées en sa direction, un ascenseur émotionnel que l'on ressent aussi à travers le film, ce qui fait aisément d'elle le personnage le plus proche de vous et moi, durant cette expérience, et créant un lien rapide.

D'ailleurs, il est assez amusant de voir comment Tarantino joue sur le jeu d'acteur, pour pointer du doigt les antagonistes. Ce n'est que subtile, on peut voir quelques petites failles dans leur comportement, des failles pas naturelles, ce qui fait la différence entre des personnes et des personnages, en c'est quand ils deviennent des personnages qu'ils cachent forcément quelque chose. C'est une logique assez profonde, mais très bien exécutée.

Maintenant, parlons de la cinématographie. On pourra remercier Robert Richardson (Django Unchained, Platoon) pour ses plans très contemplatifs en Ultra Panavision 70mm, dignes au minimum de C'era Una Volta Il West (ou Il Était Une Fois Dans l'Ouest,) et tous les plans sont pensés au millimètre près, ce qui rend tout magnifique et facile à suivre, une qualité que l'on pourra aussi remettre à Mad Max: Fury Road. Le tout est harmonisé par des compositions d'Ennio Morricone, joué par l'Orchestre symphonique national tchèque, à noter que Morricone n'avait pas composé pour des films de ce genre depuis 1981, ce qui est assez phénoménal. Bon, la musique n'était pas aussi marquante que dans d'autres films, elle est parfaite, bien sur, mais elle n'est pas proéminente, et c'est bien, je trouve, ça permet de mieux se focaliser sur la cinématographie en elle-même.

Beaucoup se plaignent aussi de la durée du film, et, non. 187 minutes, c'est un poil plus long que C'era Una Volta Il West, une référence ultime dans le milieu, et c'est juste assez pour bien prendre son temps, il ne faut pas être pressé, c'est comme si vous le viviez, vous n'allez pas presser votre vie, c'est le même concept. De plus, les trois heures passent très vite, avec un peu d'immersion. Après, il y a une autre référence, Rango, un film d'animation qui malgré ses 107 minutes paraît comme un film de trois heures. Mais bon, on ne peut pas se plaindre de la durée d'un film, surtout quand les longueurs scénaristiques sont voulues et exploitées pour manipuler le spectateur.

En bref, les Huit Salopards, c'est l'archétype pur du film de Quentin Tarantino. Je le trouve meilleur que la plupart, certains le trouveront mauvais, à la fin, c'est un terrain neutre, et les critiques ne sont qu'une opposition des fronts, ce qui, à mon regard, rend bien meilleure l'expérience et fait du film le vrai magnum opus de Tarantino.

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Râle final et hors-sujet: En cherchant de quoi illustrer ce blog, je suis tombé sur un article, sur rogerebert.com à propos du film. J'étais excité au début, croyant que Roger Ebert avait critiqué le film, et comme il a une certaine prestance et que je ne le connais pas, c'était bien le moment, mais non. Au contraire, c'était une plainte de deux ou trois pages comme quoi ce film est totalement misogyne et que les femmes sont des victimes parce que Daisy Domergue se fait éclater la bouche. C'est normal. C'est une criminelle, et elle doit se faire pendre au 19ème siècle, alors faut s'en douter qu'elle se fasse démonter si elle la ramène trop. Le fait de critiquer une œuvre comme ça et de grogner contre la patriarchie, c'est du féminisme radical, et le féminisme, ça sert plus à rien. Le féminisme ne marche pas pour les cas individuels, mais pour les communautés, et aujourd'hui, les femmes sont égales aux hommes en tout, en général, alors agir comme cela, en plus d'être de la misandrie, c'est surtout dégradant pour les femmes, qui sont traitées comme des victimes, et tout ça pour un personnage féminin dans un film, où même Jennifer Jason Leigh a dit qu'elle ne le trouvait pas misogyne. Je voulais en parler car je trouve ça démoralisant que l'image de la femme soit de plus en plus dégradée par des gens qui se sentent pousser des ailes en disant la défendre.

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